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L'argus de l'automobile - 5 décembre 1991

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Martin Production : de deux à quatre roues

Comment l'artisan des Sables-d'Olonne est passé des motos sportives à l'automobile de rêve.

Spécialiste des "réplicas", Martin Production a adapté à l'automobile, dans une usine qui ressemble étrangement à la caverne d'Ali Baba, un outil industriel issu de la fabrication de motos de compétition. Quelques machines et un peu de génie suffisent à produire des véhicules au look d'hier équipés de mécaniques modernes.

Georges Martin règne, depuis dix sept ans, sur une petite entreprise des Sables-d'Olonne qui produit, sur 1500m2 d'atelier, des répliques de voitures mythiques. AC Cobra, Lotus SuperSeven, et bientôt Ford GT40: autant de monstres sacrés qui perturbent les nuits de ce personnage né dans un autre monde. Un homme toujours à la recherche d'une nouvelle astuce de fabrication.

Technicien de talent, il a réussi le pari audacieux de faire homologuer des répliques, là ou les anglais et autres spécialistes de la discipline ont échoué. "Etudier une auto, la construire et l'assembler pour qu'elle subisse avec succès les tests de l'UTAC, espérer une homologation, coûte un million de francs. Cette aventure nécessite un outil de production à la hauteur. C'est sur ce point que nous nous démarquons de nos confrères".

Georges, grâce à son expérience moto, a amassé depuis une vingtaine d'années les machines indispensables à sa passion. Certes, l'outil de production n'est pas neuf, mais il est loin d'être obsolète. Hormis l'acquisition de plusieurs postes de soudage MIG, et l'investissement en matériel pour construire les structures en matériau composite, l'entreprise n'a réalisé ces dernières années aucun gros achat.

Rentabiliser de petites séries

Seul budget engagé à court terme, l'achat de deux cabines de peinture d'occasion. Il est également question de trouver d'autres locaux pour réunir de meilleures conditions de travail et, notamment, faciliter la manipulation des résines. Pas d'informatique de pointe et autre PAO: toutes les informations, techniques de construction et développement des futurs modèles, dont une GT40, sortent de la tête du maître des lieux.

"La rentabilité, lorsque le marché n'est pas vraiment porteur, s'obtient sur de petites séries, précise celui-çi. Cela explique le peu de concurrents. Ceux qui ont payé rubis sur ongle un outillage moderne s'aperçoivent rapidement que le retour sur investissement est quasiment impossible. Et, trop souvent, c'est le dépôt de bilan". A titre d'exemple, le roadster Martin (réplique de la Lotus SuperSeven) s'est vendu à 89 exemplaires pour sa première année de production. En 1991, 280 autos ont été produites et vendues sous forme de kit.

Image!Il y a un an et demi, Georges s'est lançé dans une nouvelle discipline : la construction de voitures en plastique. Aidé d'une solide équipe de techniciens -évolutive, de 24 à 40 employés selon l'épaisseur du carnet de commande- l'atelier chahute désormais la résine polyester.

Mat de verre et moules spécifiques ont donné naissance à l'AC Cobra "façon" Martin Production. Cette nouvelle étape complète l'atelier de fabrication des châssis en acier.

Une technique maison qui consiste à noyer dans une structure tubulaire berceau moteur et ancrage d'essieu arrière.

Des éléments d'origine Ford

Les superstructures sont assemblées de façon artisanale sur un marbre rigide. Les profils d'acier, amarrés à l'aide de serre-joints traditionnels, offrent, après soudage, une résistance appréciable, dans le respect des critères de qualité d'antan. Résultat, à partir d'éléments amovibles d'origine Ford, reliés dans une plate-forme maison, Martin monte sans difficulté dans sa Cobra un groupe propulseur Scorpio 3 litres.

Pour diminuer au maximum les coûts de production, l'entreprise fabrique un maximum de pièces, soit plus de 80% des éléments -hors mécanique- qui composent ses automobiles, exception faite, par exemple, des optiques de phare! En revanche, Martin Production industrialise lui-même les amortisseurs et calcule les valeurs de clapet. Il n'achète que la partie centrale.

Les moules spécifiques de fonderie sont conçus sur place pour produire papillons de roues, disque central de jante, charnières et col de cygnes...Un autre atelier utilise plieuses et massicots, toujours pour façonner sur place tôles d'acier ou alliage de construction. L'atelier évite ainsi d'acheter ailleurs ce qu'il peut réaliser lui-même. La sous-traitance n'entre que pour 20% dans la production.

Savoir faire maison

Sur le site des Sables-d'Olonne, tous les métiers de l'automobile sont réunis. Ingénieur d'étude, serrurier, mécanicien, électricien, tôlier, carrossier-constructeur, sellier...L'entreprise maîtrise tous les paramètres de cette industrie, subtil mariage entre la noblesse des productions d'hier et les connaissances d'aujourd'hui.

Une organisation qui permet de dessiner un siège, une planche de bord, un panneau de porte et de l'habiller de cuir. Que dire encore de cette faculté de concevoir un mécanisme de capote, de le vêtir dans le respect des traditions, en garantissant sa longévité. Côté étanchéité, on fait pratiquement bien qu'à l'époque. Enfin presque.

Made in France

Contrairement aux apparences, les véhicules Martin sont entièrement originaux. Ils ont été conçus sur la base de prototype et hormis les éléments mécaniques, tous les éléments sont produits sur place. Martin possède ses propres marbres, ses moules et outillages de façonnage (cintreuse à commande numérique, ateliers de câblage et de sellerie, fabrication de pièces moulées en alliage et de jantes).

Non seulement Martin n'importe aucune pièce toute faite d'Angleterre, mais la marque française vend outre-manche quelques unes de ses fabrications aux spécialistes anglais du kit car. Les papillons de roues, les pare-chocs de Cobra ou les bouchons d'essence vendus là-bas proviennent le plus souvent des Sables-d'Olonne !

Le client d'une Martin est-il un excentrique ? Cherche-t'il à se démarquer d'un style monolithique que l'on retrouve partout ? Qu'importe, qu'il pleuve ou qu'il vente, le pilote d'un réplique Cobra sortira avec ou sans capote.

La grande différence entre une voiture d'époque et une "réplica" réside dans la mécanique moderne, bien plus fiable. Martin vend des engins à monter tout à fait fiables.

En revanche, la finition, le look, celui qui fait "flasher" l'amateur, dépend avant tout du professionnalisme du concessionnaire de la marque vendéenne. Ne l'oublions pas, l'atelier des Sables ne construits que des kits, à quelques exceptions près. Une poignée de professionnels détient l'autre partie du savoir-faire maison, l'art du montage.

Daniel Descamps - L'argus de l'Automobile - 5 Décembre 1991

 

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Comment devient-on concessionnaire Martin ?

Martin Production recherche des distributeurs et des concessionnaires pour monter et commercialiser ses kits. Profil idéal du candidat.

Bruno Betus, directeur commercial de Martin Production, a la lourde tâche de recruter et motiver les futurs partenaires de la société, des entreprises du commerce et de la réparation automobile. c'est également lui qui s'occupe de la communication de l'entreprise et de la promotion de l'image de marque. "Le carrossier et l'agent de marque qui font la mécanique, notamment des poses/reposes dans le cadre de passages au marbre, et qui disposent d'une bonne cellule peinture, nous intéressent. La diversification créée par le montage et la vente de nos kits génère une nouvelle dynamique commerciale. Une Martin exposée dans un show-room fait vendre d'autres voitures. C'est une vitrine technologique du savoir-faire de l'entreprise. Pour la découvrir, l'homme de la rue entre dans le garage. Le vendeur n'a plus qu'à faire son métier: vendre du rêve..."

Le réseau s'articule autour de concessionnaires disposant d'une exclusivité régionale et de distributeurs, sorte d'agents, tous passionnés de belles automobiles. Actuellement 25 entreprises forment le "tissu" commercial de la marque. Pour être opérationnel à 100%, il manque encore à Martin production une dizaine de concessionnaires et environ 25 distributeurs. Côté vente, deux voitures prémontées pour une à assembler sont actuellement distribuées.

Trois mois pour réussir

Par "prémontée", Martin entend des Cobra et roadster équipés à 50%, peinture et sellerie finies. Reste la mécanique -moteur et boîte- à positionner.

Les remises revendeurs se calculent en fonction des volumes écoulés. Le constructeur propose des prix de vente moyen, mais le réseau établi seul sa marge bénéficiaire, en fonction du degré de finition obtenu.

Dans la pratique, lorsqu'un futur partenaire cherche à prendre le panneau maison, il achète un kit, le monte, après une première formation d'une demi-journée directement à l'usine, aux Sables-d'Olonne. Il pourra, aidé d'un manuel de montage et de photographies prises sur place à différents degrés de finition, monter sa première Martin. Une fois finie, le constructeur l'examinera et, selon la qualité de la prestation, accordera définitivement son panneau. En revanche, si trois mois après, la livraison du premier kit, l'auto n'est toujours pas montée, la candidature ne sera pas retenue, l'usine estimant que l'entreprise n'est pas suffisamment motivée.

Le concessionnaire type doit présenter en permanence dans son hall d'accueil une automobile finie. Cela représente un fond de roulement de 60 000 à 150 000 francs, pour une Cobra, ou 80 000 francs pour une "GM0". Reste également à commercialiser la "ligne Martin" faite d'accessoires spécifiques, de la jante au casque de pilote d'époque.

Pour promouvoir ses véhicules auprès du grand public, Martin participe à de nombreuses expositions, régionales ou nationales, à l'image de Rétromobile, du Mondial ou du prochain salon de Genève. La compétition s'avère aussi un excellent vecteur de vente. Une course (trophée) organisée par le constructeur permet de vendre une bonne trentaine de voitures.

Du kit complet à la voiture clé en main

Le montage en kit est l'un des points forts de Martin Production. Cette formule, courante en Angleterre, est peu prisée en France. Hormis les problèmes homologation, la formule du kit impose de rigoureuses contraintes de fabrication. Si des retouches et "bricolages" sont toujours possibles dans le cadre d'un montage en usine, les pièces livrées en kit au public doivent être parfaitement ajustées et faciles à assembler.

En dépit des précautions prises et de la simplification des montages, la réalisation complète d'un kit demande un minimum de compétences et un outillage assez complet. Pour ceux qui ne se sentent pas capables d'aller au bout, Martin propose des stades intermédiaires, dits "rolling châssis", en kit prémonté.

Dans le premier cas, par exemple la Cobra, la voiture est proposée sus ses roues, châssis protégé, carrosserie montée et ajustée (portes, capots). Il reste à monter la mécanique, le chauffage, les ceintures de sécurité, les freins et l'équipement intérieur. En formule "prémontée", la voiture est peinte, la sellerie est faite et il ne reste à acheter que le groupe moto-propulseur, le maître-cylindre de frein, les glissières de sièges, le vase d'expansion et les ceintures de sécurité.

Ces différentes formules de montage s'adaptent ainsi aux possibilités, au temps disponible et à la bourse de chacun, avec aux deux extrêmes le kit complet et la voiture clé en main, entièrement terminée et homologuée.

Une nouvelle voiture tous les deux ans

A l'exportation, Martin réalise une bonne perçée, y réalisant 25% de son chiffre d'affaires. Côté évolution des modèles, le constructeur vendéen espère présenter une nouvelle voiture tous les deux ans. En revanche, le segment des Jeeps et du 4x4 ne l'intéresse pas. "C'est un autre métier", reconnaît Bruno Betus.

Actuellement, une bonne centaine de Martin circulent en France. Peu d'accidents de la circulation ont été enregistrés par les assurances, ce qui permet d'obtenir des franchises à des coûts compétitifs. Il existe deux sortes de clientèle : celle à 2000 km par an, faite selon Bruno Betus, de frimeurs, et les autres, les "fous" d'automobile-passion qui en parcourent jusqu'à 50 000 km. Avantage de l'investissement, une belle "réplica" ne se décote pas dans le temps, on la revend toujours le prix qu'on la achetée.

Daniel Descamps - L'argus de l'Automobile - 5 Décembre 1991

 

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Martin : transformez votre rêve en réalité

Rouler dans une voiture moderne qui a une "gueule" d'ancienne et que l'on a montée soi-même ? C'est possible.

Produisant depuis cinq ans un roadster d'inspiration Lotus Seven, Martin Production commence à faire du volume et vient d'ajouter à son catalogue une réplique de Cobra et un autre roadster original, baptisé Tilbury. Une telle durée et une telle continuité méritaient bien un détour au fin fond de la Vendée.

C'est aux Sables-d'Olonne que Martin Production fabrique des voitures après avoir été longtemps un grand spécialiste des cadres spéciaux pour moto. Des tentatives de ce genre voient régulièrement le jour mais l'expérience montre qu'une fois le stade de prototype atteint, l'affaire bute sur les homologations ou sombre dans la faillite.

Il s'agit bien souvent de professionnels de l'automobile ou de jeunes ingénieurs touchés par la grâce. Sans grands moyens, ils partent un peu dans toutes les directions et arrivent épuisés (dans tous les sens du mot) au stade du prototype. Georges Martin a eu la chance de prendre le problème à l'envers et la clairvoyance de "construire" son projet avant de se lancer dans la fabrication.

Voitures sur mesure

Avant toute création, Georges Martin commence par étudier les réglementations et prescriptions d'homologation de manière à établir un cahier des charges qui restera le fil conducteur du projet. Les mines et les services d'homologation ne sont ni des entreprises philanthropiques ni des empêcheurs de tourner en rond. Ils emploient des fonctionnaires chargés de faire appliquer des réglementations de contrôler la stricte conformité du produit présenté. Ils n'ont par principe ni d'état d'âme ni préférence : une voiture conforme est homologuée et une voiture non conforme est refusée; systématiquement, quel que soit le "zèle" ou l'indifférence apparente du contrôleur.

Sûr de son fait, Georges Martin a aussi l'avantage de son expérience antérieure de la serrurerie et la moto. Le parc machines, constitué à cette occasion, limite les investissements nécessaires à l'automobile, évite de recourir à une sous-traitance très coûteuse et augmente la flexibilité de l'entreprise.

D'autre part, l'activité moto a permis de constituer un petit "trésor de guerre" utile pour financer les homologations qui coûtent cher, et d'attendre les premières retombées financières de la fabrication automobile. Il reste alors le plus facile: établir la définition complète de la voiture de rêve, construire le prototype et passer à la fabrication.

Simplicité, efficacité, notoriété

Qu'on soit grand constructeur ou artisan, la simplicité reste le facteur clé de la réussite d'un projet automobile. Sont, ensuite, nécessaires un produit "efficace" en regard de la cible choisie (sport, luxe, utilitaire...) et la notoriété qui fait vendre. Il faut, en théorie, choisir une formule de véhicule simple pour baisser les coûts, léger pour obtenir des performances à bon compte et à forte image pour attirer le client. Quand on est pratiquement inconnu, installé en Vendée et qu'on s'appelle Martin, mieux vaux ne pas louper son entrée en scène !

En faisant le tour de ses rêves et de ce qui était déjà produit avec succès, Martin a jeté son dévolu sur une sorte de Lotus Seven à la française, un véhicule dont la simplicité a fait le succès et qui est, en prime, porteur d'image. Sachant résister à la tentation de créer d'emblée une "pure Martin", notre homme profite du capital notoriété de la petite voiture d'origine anglaise qui, entièrement repensée, redessinée et construite aux Sables-d'Olonne, ne doit rien à ses aînées ou rivales actuelles.

Avec la Cobra, Martin franchit une étape supplémentaire en s'attaquant à l'un des mythes de l'automobile, sachant que Ferrari et Bugatti sont intouchables, Rolls sans intérêt dans cette optique et que les autres marques et modèles offrent une moindre notoriété. Un peu en marge, la Tilbury est une opportunité saisie en rachetant un projet extérieur clé en main. Dernière étape actuellement en cours d'élaboration: la Ford GT40, certainement la plus mythique des automobiles d'après-guerre en compagnie de la Ferrari P4 et du roadster Mercedes.

Au terme de ces quatre programmes, Martin aura acquis non seulement une grande expérience mais aussi, compte tenu de la qualité et de la rigueur de fabrication, le renom nécessaire au lancement d'une Martin 100% originale. Bien qu'il s'en défende, mollement, Georges Martin rêve bien sûr de réaliser sa propre voiture, fruit de son imagination débordante et créé de toutes pièces.

Si le roadster Martin s'inspire des lignes de la Lotus Seven, il en reprend également les principes de conception. Une structure tubulaire est renforcée de panneaux aluminium collés et rivetés. L'ensemble est habillé d'une carrosserie en stratifié polyester et conçu pour recevoir des éléments mécaniques (moteur, boîte, suspension, freins...) d'origine Ford Sierra 1,6 litre.

En dépit de la modestie de la motorisation, le faible poids de l'engin assure de très bonnes performances et des accélérations sportives (0 à 100 km/h en 7.5 secondes). Le kit de base comporte tout ce qu'il faut pour réaliser une voiture complète à l'exception des jantes et pneus, de l'instrumentation du tableau de bord, du câblage électrique et des dispositifs de signalisation (projecteurs, clignotants).

Roadster : le jouet sport

Sur demande, la voiture peut être livrée prémontée et une version " racing " vient d'être spécialement réalisée pour un usage compétition. Elle se distingue par sa présentation spécifique avec cache-culbuteurs en aluminium, bouchon d'essence compétition, arceau de sécurité, extincteur et échappement spécial. Prévoir un budget d'au moins 90 000 francs.

Fabriquée dans le même esprit, la Cobra est conçue autour d'un châssis original constitué de profilés et de tôles d'acier intégrant les supports de suspension d'origine Ford. La version actuellement homologuée se contente d'un V6 Ford 3 litres (Scorpio) mais le châssis est d'ores et déjà calculé pour recevoir un V8 plus puissant si la demande se fait sentir.

Cobra : le jouet luxe

Il faut savoir faire un choix et si l'on veut maintenir un prix raisonnable et accessible, le V6 est une bonne mesure. Passer au V8 fait grimper la puissance fiscale et nécessite des freins et pneumatiques étudiés en conséquence.

Mélange d'agressivité sur base Cobra 427 (version racing de l'époque) et de luxe (sellerie cuir, finition de qualité), elle est parfaite pour un usage routier occasionnel pour un budget initial d'environ 150 000 francs. Le kit de base comporte le châssis avec berceaux avant et arrière incorporés en échange standard, la carrosserie avec ses ouvrant, le pare-brise et son cadre, les coques de sièges répliques cobra, le tableau de bord brut et diverses pièces qui faciliteront le montage ultérieur.

Une trentaine de petits kits (voir encadré) doivent être ajoutés pour obtenir un véhicule entièrement terminé et complet, avec équipements conformes à la Cobra d'époque. Sur demande, la Cobra peut également être obtenue prémontée à divers stades de fabrication sachant que tout est possible après accord des deux parties.

Tilbury : le jouet économique

Avec la Tilbury, nous retrouvons une vieille connaissance. Imaginée au débuts des années 1980 par Yves Charles, un ancien de la Régie, cette voiture fut mise en production en avril 1985 (" L'Argus " du 11 avril), près de Coignières, dans les Yvelines. Sans grand succès. L'affaire fut reprise, en 1989, par une société de la Rochelle - Auto Loisirs - avant d'être revendue à Martin.

On retrouve le projet génial d'Yves Charles à peine modifié (portes plus grandes pour faciliter l'accessibilité) qui propose un petit roadster d'inspiration années 1930 très économique. Avec un faux air de Morgan, cette réalisation est conforme, dans l'esprit, aux cycles-cars et roadsters de l'époque qui étaient avant tout des voitures économiques de petite cylindrée, simples et dotées d'un équipement minimum.

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Si le recours à une plateforme de Renault 4 GTL limite les ambitions sportives, elle garantit un faible coût, une grande facilité de montage et une bonne fiabilité. Plus légère et aérodynamique, la Tilbury atteint près de 140 km/h, accélère convenablement et assure des consommations particulièrement économiques.

Le kit de base comporte la carrosserie complète, le pare-brise et diverses pièces spécifiques d'adaptation (radiateur d'eau incliné, ancrages de ceinture de sécurité, pontet de levier de vitesses au plancher, pour commande d'origine Renault 5...). L'ensemble se monte sur une plateforme mécanisée de Renault 4 GTL postérieure à 1983. Il faudra ajouter ensuite les éléments de signalisation (projecteurs de mini), la décoration extérieure (pare-chocs, calandre) et l'aménagement intérieur. Compter un budget d'au moins 70 000 francs, de manière à partir d'une Renault 4 récente et saine.

 

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Discrètement, à l'extrémité de la Vendée, Georges Martin a mis en place une structure de fabrication rigoureuse et performante. L'homologation systématique des véhicules e une conception adaptée permettent d'offrir des kits vraiment réalisables, avec un minimum de compétences et d'outillage.

Les prix pratiqués mettent le rêve à la portée de nombreux passionnés qui, en suivant pas à pas les consignes, sont pratiquement assurés d'arriver au bout de leur projet et, surtout, de prendre le volant d'une voiture assemblée de leur mains, ce qui est plus rare !

Vingt ans d'histoire

Depuis 1972, Martin Production est spécialisée dans la fabrication de cadres tubulaires pour moto. Cette activité s'est ajoutée à la serrurerie industrielle qui était la vocation initiale de cette entreprise des Sables-d'Olonne.

Pendant les années 1970 , Martin est devenu le grand spécialiste français de la préparation moto réalisant jusqu'à 500 cadres par an et un certain nombre de machines complètes, soit un total de plus de 5800 parties cycles (du cadre au carénage en passant par les freins, à l'exception des moteurs et les transmissions).

Au début des années 1980, l'activité moto a commencé à décliner à cause de l'extension des gammes et d'incessants changements de modèles qui gênaient le suivi des préparations. A partir du moment où les constructeurs moto ont commencé à proposer des " compétitions-clients ", le marché s'est restreint au point d'engager Martin à diversifier sa production vers l'automobile.

 

Michel Meilleray - L'argus de l'Automobile - 5 Décembre 1991