La revue "Online" Extraits de la revue du club La revue "Online"

N°14 - Juin 1998

 

Editorial

A plus de 180, cela pousse toujours autant derrière, l'adhésion au Club Martin est une source intarissable. Il ne se passe pas une revue sans que l'on vous annonce de nouveaux membres.

Merci pour vos nombreux articles et vos nombreuses annonces : du coup, la revue augmente une nouvelle fois sa pagination, pour notre et votre plus grand plaisir. Oui, oui, continuez à nous écrire !

Ces pages vous conterons la sortie Melun ainsi que Stoneleigh. La sortie centre viendra juste d'avoir lieu, sa destination aura été gardée secrète jusqu'au bout, et nous y aurons sûrement fait exploser l'Audimat.

Le raid Martin 98 est bouclé, vous n'avez plus qu'à faire vos valises, et bien sûr réviser vos voitures. Le Portugal est à vous... CHAUD devant... CHAUD... ! ! !

Denis Turrou

 

 

Souvenirs d'une époque où le super était plombé et l'airbag pas à la mode
ou Histoire de la Super Martin Turbo

Chaque client Martin était unique.
Chaque commande était une aventure.

Un homme au goût sûr, et à la confiance totale, passa commande en 1989 aux établissements Martin Production de la future bombe roulante : la MARTIN TURBO (exemplaire usine resté unique ?...).
Son goût sûr permit de définir une voiture blanc nacré Alpine, intérieur cuir rouge avec surpiqûres en losanges, capote rouge, et ses plus de 100kg imposant une fermeture éclair supplémentaire au centre de la capote ! ! ! Toujours des solutions innovantes.
Il attendit de nombreux mois sa merveille car la mise au point d'un tel monstre demanda quelques mécaniciens et de nombreux essais... Il était obligé d'attendre, il avait laissé en acompte une BMW 745I...

Définition technique :

  • Châssis GMO

  • Pont AR Taunus (occasion)
  • BV5 Ford Sierra (occasion)
  • Moteur Ford CVH Escort RS Turbo 135CV (le moteur transversal ayant été monté en longitudinal)
  • Train AV défini sur le véhicule avec des fusées Ford Sierra et disques ventilés AV

Tout avait été installé en... vrac, échangeur électronique et, pour loger le turbo, la cintreuse avait fait des merveilles : il était... sous la colonne de direction.
Nous avions tous été grisés par les essais presse de la fameuse Donk'Turbo, alors... chez Martin...
Les essais routiers se faisaient sur route ouverte sans capot, sans ailes, sans nez AV, sans plaques, et bien sûr sans homologation...

Pour ce nouveau modèle, un autre client, changeur de sa Martin 1600 GMO, fut invité en avant-première. Un certain Denis Turrou... Il voulait plus de chevaux ? Il ne fut pas déçu...
En dessous de 3.000trs/mn, rien, et puis d'un seul coup la puissance arrivait en vrac, le pont rigide faisait ce qu'il pouvait, et là il fallait que la voiture soit en ligne... et la route sèche...

Denis ne passa pas commande ce jour-là. En effet, au bout de quelques kms, le refroidissement du turbo lâcha, et le turbo aussi. Le pare-brise se couvrit d'huile, et le moteur se mit à claquer comme une tondeuse à gazon... Demandez à Denis...

Si vous croisez dans le Sud-Ouest une Super Martin blanc nacré avec, sur le capot, deux très très grosses prises d'air, vous serez en présence d'une véritable voiture de collection : la Super Martin Turbo usine n°1, voiture de collection unique par sa définition et toute son histoire...

Bruno Betus

NDLR 1 : Pour les rares qui ne le connaissent pas, Bruno était le responsable commercial (doué) de chez Martin.
NDLR 2 : Si, par une incroyable déveine, l'homme qui avait initialement commandé cette voiture lit cet article, il doit maintenant être passablement énervé par les remarques concernant son " goût sûr "... Message à l'homme (" de plus de 100kg ", gasp) : ne pas taper sur la Rédaction, qui n'y est pour rien, mais taper sur Bruno.

 

 

Mémoires d'un âne (qui ne s'appelle pas Martin) et d'une Seven Suite des numéros 10 et 12 (et errata 13)

Toussaint 92. Juste au dessus de la fausse fosse (*), je roule ma caisse sans me presser avec mon petit palan et je descends dou-ou-ou-cement dou-ou-ou-cement le moteur entièrement nu accouplé à la B.V. 4 avec un embrayage neuf qui colle bien mais qui colle (je m'en suis aperçu depuis). BV4 pour le passage des mines (**) qui, comme nous le savons, est toujours piégé... Après quelques quarts d'heure d'essais, à genoux, de réglages multiples des sangles de parachute qui suspendent/sustentent le groupe, de vilains coincements de doigts, d'innombrables montées, remontées, cliquetis du palan pendant lesquels surtout je ne m'énerve-nerve-nerve-NERVEUX PAS... d'un coup la BV bascule librement dans le tunnel. Ce serait exagéré de dire que je vois la fin du tunnel, mais l'opération m'a paru si aléatoire, si peu reproductible, surtout seul, que c'est décidé : le moteur est en place, il est là et bien là, et il n'en sortira que par la force des bielles coulées ou la puissance su moteur deux litres.

Je me rends compte à cet instant précis que j'ai oublié de placer le joint en papier entre l'embrayage et le corps de boîte, quelle cloche ! La cloche d'embrayage bien sûr... Trop tard ! Je ne change pas d'avis. Depuis, çà marche bien, sans fuir. Tant pis pour E Max ! (***)

Accouplement rapide du pont au moignon d'arbre, fixation des trois supports du groupe moteur-boîte. Celui de l'avant-gauche paraît fragile... eh bien, il l'est !

Vient le tour des freins souples de Goodridge (de Melun) - aucun problème pour placer l'ensemble... juste un peu long à purger.

Je passe alors " officiellement " au design du tableau de bord. Autant dire qu'il faut que je me décide... Cela fait des semaines que je dessine des tableaux de bord. J'ai même fait des maquettes en contreplaqué et en grandeur, avec des cadrans en papier, des faux boutons (mais des vrais bouchons de dentifrice) et j'ai photographié, comparé, essayé sur la Seven...

Petite anecdote : il y a -hum- quelque temps, voici que je dévalais les petits virolos qui mènent de mon Ecole-logis caussenarde à la pompe à essence de la vallée voisine... d'en coup, un limaçon n°94 déguisé en véhicule, bleu diesel, me bouche le panorama et me pue au visage... On en trouve quelques-uns par chez nous, pendant les vacances d'été... Au premier tronçon de ligne droite, je mets l'accélérateur dans le coin : la Seven, avec ce grondement mâle qui me noue l'estomac, passe le gastéropode malodorant et surpris quasiment ventre à terre... VRAOUM... et j'accélère encore et prfroutt ! les quatre billets de 200 francs (donc 4x30 euros), que m'avais cérémonieusement comptés la veille au soir le CESAR du coin, giclent de la poche de ma chemisette... un peu de circulation... mon sang, mais c'est bien sûr, ne fait qu'un tour... le temps de faire demi-tour, revenir sur les lieux, chercher, s'apercevoir que le Val de Marnais a été plus rapide que moi... sauter dans la Voiture et le rattraper - il n'y a qu'une seule route pendant des kilomètres... Impossible je descendais, presqu'à sec, en ville faire le plein de super... Je suis retourné au Crédit Agripaille chercher les 600 derniers francs auxquels je pouvais prétendre cette semaine-là. Quand CESAR m'a dégurgité mes biftons, je pensais : reveni (sur les lieux), rien vidi, reparti (la queue entre les jambes) ! Il ne manque pas un bouton à mon tableau de bord, certes, mais il en manque un à ma chemise... Colette, mon épouse légitime, prétend qu'il manque également une case quelque part... sans trop préciser.

C'est pour cela que j'ai creusé un vide-poche et que je pense sérieusement à l'équiper d'un abattant dans les années qui viennent.

Marc Pihouée

Notes

  1. Elle est marquée au sol, les planches épaisses de bois ont leur place au sein de la dalle de béton, mais elle n'est pas creusée... on a bien le temps de creuser sa fosse !

  2. Qui s'appelle DRIRE maintenant. Défense de rire ! (1)
  3. Voir la définition de " E max " dans le numéro 12

NDLR
(1) Ce n'est pas le CNRV ? Défense de s'énerver !