La revue "Online" Extraits de la revue du club La revue "Online"

N°23 - Octobre 2000

 

EDITO

L'été est toujours trop court pour user et abuser de nos MARTIN. J'espère que vous avez pu en profiter pleinement. Le numéro de la rentrée vous retracera la sortie Normandie, l'aventure à Carcassonne et bien-sûr les péripéties du Raid MARTIN en République Tchèque.

Une rentrée avec du Super à 8F50, nos carbus vont bientôt attaquer le gros rouge ! En " Tchéquie ", nos MARTIN marchaient très bien à la bière...

L'Assemblée Générale aura lieu le 4 Novembre aux Sables d'Olonne en même temps que le départ du Vendée Globe Challenge. J'espère que nous nous y retrouverons nombreux pour faire un bilan de cette année 2000 et pour préparer le troisième millénaire en MARTIN... tout un programme !

Alors, à tous, au 4 Novembre, nous allons faire la fête des MARTIN !

 
Denis TURROU

 

PS7 : Histoire d'une Seven

Premier contact

Eté 1989, en feuilletant un magazine "spécial cabriolet" je découvre l'existence de Martin. C'est au salon du cabriolet en Mars 1990 que je rencontre le commercial de Martin, Bruno Betus. Le temps de laisser mûrir le projet...nous prenons rendez-vous pour une visite des ateliers Martin lors du salon du cabrio 91. En avril, aller-retour aux Sables, Bruno Betus nous fait essayer (en tant que passager) dans la ZAC des Fruchardières une Seven d'un client. Pas vraiment, un essai complet mais nous versons tout de même un accompte pour un kit de base qui sera mis à notre disposition en Juin.

Mai 91, je téléphone à toutes les casses de l'Oise pour trouver un moteur. Non...On n'a pas ça... désolé... jusqu'à entendre un "Oui, un 1600 complet avec seulement 11 000 km". Combien ? "15 000 F pour le moteur, la boîte 4, un train arrière de Capri ou 18 000 pour la Sierra complète". Une fois sur place et n'ayant aucune idée du prix, j'accepte la transaction à condition qu'ils démontent le moteur (et oui, je me suis sûrement fait roulé car novice...mais 11 000 km seulement !). Pour tout vous dire, mis à part une formation en Génie Thermique & Energies où j'ai démonté des moteurs et quelques bricolages sur mon 80cc, mes connaissances mécaniques ne sont pas immenses. Bricoleur oui, mécanicien non !

24 Juin 1991
Nous prenons livraison au Sables d'Olonne du kit de base (numéro Martin 334) accompagné de diverses pièces du train avant (crémaillère d'Austin Metro, fusées, moyeux, disques de frein...) pour un total de 60 000,67 francs exactement.

Arrivés vers 10h30, nous sommes accueillis "brusquement" par Georges Martin en personne qui commence à entasser les pièces. C'est qu'il est pressé l'homme, il doit livrer une autre voiture l'après-midi. "Allez déjeuner, ce sera prêt en début d'après-midi". Petit resto sur le port. Vers 14 heures, toutes les pièces sont prêtes et j'enfourne le tout, sans vraiment vérifier, dans la Scorpio et la remorque prêtées pour l'occasion.

Sur le trajet de retour, je me fais arrêter au péage par des gendarmes. Plus curieux qu'autre chose "C'est une Caterham ?". Et oui, un drôle d'engin en pièces détachées sur une remorque, cela attire l'attention.

Retour at home, déballage et recensement des pièces à l'aide des manuels de montage et de pièces (facturés 140 F)...Damned, ça ne colle pas : je n'ai pas assez de rotules et trop de "choses". Je vais devoir patienter jusqu'à la fin du week-end pour contacter Martin : "notre kit a évolué, les rotules sont remplacées par des silent-bloc. Nous n'avons pas eu le temps de modifier la notice de montage"...Je ne suis pas au début de mes surprises. Dans le même genre, mais je ne m'en rendrai compte que plus tard lors de ma première sortie avec le club : mes ailes avant sont de série I, les arrières sont des série II (plus larges).

Eté 1991
N'ayant pas de garage sur Paris, tous les week-end de l'été sont consacrés à la préparation des pièces en polyester dans le garage de mes parents dans l'Oise ...tout le monde est réquisitionné pour poncer dans la joie, la poussière et la bonne humeur. Un oncle, aux multiples talents, passera le premier voile de peinture "T'es sûr qu'on peut pas la peindre toute montée ? D'habitude, je ne fais pas comme ça !". Réalisée sous bâche dans le garage ci-dessus, la peinture "vert anglais" ne m'a coûté que 900 F. Cela compensera les "quelques" défauts... que certains me feront remarquer lors d'ultérieures sorties !

Août 91, j'achète le kit durite de freinage "aviation" et le kit électrique pour un total de 4331,70 F. Là aussi, grosse surprise, le câblage ne correspond pas à la notice et je vais passer presque qu'un mois à démêler tous ces fils. J'ai appris par la suite que d'autres ont eu des surprises plus grandes avec, par exemple, deux faisceaux avant reliés entre eux... Surprise aussi lors du montage : les cosses sont mal serrées et se défont systématiquement. Solution : fer à souder et étain sur toutes les connections.

Ce genre de petites surprises lors du montage fait toute la différence entre une auto montée par un passionné (moi) qui prend le temps de tout vérifier et les autos montées par les ouvriers Martin pas toujours très consciencieux.

Hiver 1991 Un licenciement économique providentiel (car grosse prime de licenciement après seulement 2 ans d'activité) va me permettre de finaliser le montage de ma Seven. L'hiver est consacré au montage des différentes pièces sur le châssis, la mécanique, le faisceau dont j'ai refait le schéma en intégralité. Le tableau de bord (contreplaqué Acajou) est fait maison et remplace avantageusement (à mon goût) celui d'origine : verni 12 fois, poncé 12 fois ! Par la même occasion, je monte une petite console centrale - elle aussi en Acajou - entre le tableau de bord et le tunnel qui accueillera montre, allume-cigare (pas pour les cigares mais pour les accessoires) et divers voyants. Acajou toujours pour le pommeau de levier de vitesse que je trouve chez Autoaxe à Paris.

Janvier 92, j'achète le kit tableau de bord comprenant tous les compteurs Jaeger (compte-tour, tachymètre, température d'eau, d'huile, pression d'huile), les pivots avant et biellettes de direction ainsi que l'ensemble de freinage arrière (platines de R25 montées dans des flasques Capri) soit 10 168 F. Comme toujours, rien ne se monte directement et nécessite systématiquement un ajustage.

Le moteur trouvera sa place au cours de l'hiver 92 (merci tonton, merci papa). Je l'ai peut-être payé cher mais il démarra du premier coup... juste pour voir (car sans radiateur ni liquide de refroidissement...).

Trains avant, réservoirs, trains arrières, pédales... tout mérite un montage à blanc, ajustage et montage final !

Mars 92, le radiateur spécial Martin va enfin me permettre de faire tourner le moteur en continu. Dans le même colis se trouvent un filtre à air chromé et quelques pièces "d'accastillage" pour un total de 3126,17 F.

Mine de rien, ce système de kit permettait de constituer son auto au fur et à mesure en fonction de son temps et son budget.

Courant Mars, je passe commande en Allemagne de pneus 195x50x15 (rechapés) sur base Pirelli. A l'époque, ces dimensions étaient encore assez rares donc chères (1725 F les 5 pneus). Rechapés... oui... et je les ai encore 8 ans et 30 000 km après ! Pour les jantes, ce sera une autre histoire. Désirant une auto d'inspiration anglaise, j'avais repéré chez DeltaMic, un modèle Minatore en 15 pouces ressemblant aux Minilite pour un peu moins de 900 francs. Je passe commande et attends un, deux, trois mois. A chaque fois, même réponse, les jantes sont en attente de fabrication...

Avril 92, grosse facture de 10 249,25 qui comprend le kit de signalisation, les rétroviseurs chromés, un volant et son moyeu, un roll-bar chromé, le kit capote et les portes. Nous sommes en phase terminale... Les premiers essais roulants auront lieu de nuit (pas de papier, pas de plaque) sur des petites routes en plein champ à peine assez larges pour subir les embardées de l'auto au train avant non réglé. Premiers tours de roue, premiers frissons.

Mai 92, la sellerie "Fiesta Chamois" pour 6565,01 F va permettre de manier raclette de peintre, colle néoprène, mousse, moquette pour habiller l'intérieur 6565 F.

Juin 92 : Ouf, il était temps ! Pas tout à fait terminée, je vais devoir patienter un peu pour cause de nouveau boulot.

Aout 92, lassé d'attendre les jantes Minatore, je craque pour des FVH Indiana. Belles mais pas le même budget...1539 F pièce...cinq pour le prix de quatre... et un montage gratuit soit 6156 F.

Septembre 92 : Les derniers réglages (carburation, train avant) seront effectués par des spécialistes avec l'aide de mon épouse...enceinte de 7 mois. Imaginez la scène, moi au boulot et Corinne avec son ventre bien rebondi derrière le volant (vous avez déjà essayé de vous glisser dans une Seven ?) emmenant la Seven toussotant et zizaguant suivie de près par ma mère affolée à l'idée d'un accouchement prématuré...

 

L'immatriculation

Octobre 92, ça y est, la voiture est terminée. "Dernière" facture Martin de 1500 F pour l'attribution d'un numéro de série (le 345ème). Revêtue de ses plaques provisoires et ses 29 km au compteur, je l'emmène au contrôle technique. Le technicien tout étonné ne trouve bien évidemment rien ! Il était prêt à apposer la vignette..."Non, pas sur une voiture neuve !" lui répondis-je.

16 Novembre 92, le même plateau et la même Scorpio qu'à l'aller emportent notre Seven pour l'épreuve finale. Départ à 18 h de l'Oise. C'est sans compter le Salon du Bourget qui nous fait perdre 1 heure et demi dans la traversée de Paris et le brouillard qui nous accompagnera durant toute la nuit.

Anecdote : avec mon épouse toujours enceinte, nous avions prévu d'arriver chez ses grands parents à Redon avant 23 h. Nous y sommes arrivés à 5 heures du matin ! Deux heures de sommeil puis départ vers les Sables. Nouvel épisode : afin d'éviter une marche arrière avec le plateau, j'effectue un demi tour sur de l'herbe pleine de rosée...les roues arrières patinent. Impossible de redémarrer, seule alternative décrocher la remorque, sortir la voiture puis tirer le plateau. Simple à dire mais ardu avec une femme enceinte et deux sexagénaires !

Arrivé aux Sables, nous avons abandonné notre auto aux mains de Georges. Un petit déjeuner sur le port...un parking près de la plage...repos réparateur jusqu'à l'heure du déjeuner à l'issue duquel nous récupérons notre Seven et son dossier d'immatriculation.

Le retour s'effectuera dans de meilleures conditions. Toujours les gendarmes au péage... toujours curieux "le PTAC de la remorque dépasse le trucmuche de la voiture de 75 kg. Il faut le permis E. Vous n'avez pas le permis E ? C'est quoi çà derrière ? C'est bon, allez-y !"

Enfin, je vais pouvoir rouler avec l'auto que j'ai montée ! Pas mal pour un novice en mécanique ? A l'exception de la peinture, des réglages de train avant et de carburation, j'ai tout réalisé moi-même et n'ai connu durant les 7 années suivantes (vous le découvrirez dans la suite de mes aventures) aucun problème mécanique majeur... jusqu'au jour où !

Suite de l'aventure au prochain épisode...

Pascal SOCHA

 

Un Oeil dans le rétroviseur

Personne n'a pu manquer le dossier complet de " Rétroviseur " n°143 de Juillet 2000 consacré à la LOTUS Seven. Dans un encadré intitulé "Héritières ou répliques?", nos MARTIN sont citées comme "esthétiquement assez proches de l'original mais hélas beaucoup trop lourdes pour être réellement efficaces, avec des moteurs Ford 1,6l 90 ch ou 1,8l Zetec 135 ch". Dans la rubrique " Ils roulent en Lotus Seven ", on retrouve une MARTIN en photo avec un sympathique témoignage mettant en valeur " la joie de conduire ", " la sympathie engendrée sur son passage ", " l'esprit et l'inconfort " de cette " intruse sympathique parmi les Lotus authentiques ".

Pour rêver, vous avez certainement consulté la rubrique "zone rouge" du magazine Auto-Rétro n°233. On y parle de la "Tornade mécanique" à savoir de la COBRA 427. "Elle incarne avec plus d'agressivité que toute autre l'archétype de la voiture de sport pure et dure à l'état brut...". "Le principal problème : en trouver une vraie! En effet, elle fut et demeure pour l'heure la plus répliquée ou copiée de toutes les voitures jamais construite." Je pense qu'il y a en fait un deuxième problème. "Prix actuels : entre 1,2 et 1,4 millions de Francs".

Franck POISSON