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PS7 : Histoire d'une Seven
Premier contact
Eté 1989, en feuilletant un magazine
"spécial cabriolet" je découvre l'existence de Martin.
C'est au salon du cabriolet en Mars 1990 que je rencontre le
commercial de Martin, Bruno Betus. Le temps de laisser mûrir
le projet...nous prenons rendez-vous pour une visite des ateliers
Martin lors du salon du cabrio 91. En avril, aller-retour aux
Sables, Bruno Betus nous fait essayer (en tant que passager) dans
la ZAC des Fruchardières une Seven d'un client. Pas vraiment,
un essai complet mais nous versons tout de même un accompte
pour un kit de base qui sera mis à notre disposition en
Juin.
Mai 91, je téléphone à
toutes les casses de l'Oise pour trouver un moteur. Non...On n'a
pas ça... désolé... jusqu'à entendre un "Oui,
un 1600 complet avec seulement 11 000 km". Combien ? "15 000 F pour
le moteur, la boîte 4, un train arrière de Capri ou 18
000 pour la Sierra complète". Une fois sur place et n'ayant
aucune idée du prix, j'accepte la transaction à condition
qu'ils démontent le moteur (et oui, je me suis sûrement
fait roulé car novice...mais 11 000 km seulement !). Pour tout
vous dire, mis à part une formation en Génie Thermique
& Energies où j'ai démonté des moteurs et
quelques bricolages sur mon 80cc, mes connaissances mécaniques
ne sont pas immenses. Bricoleur oui, mécanicien non !
24 Juin 1991
Nous prenons livraison au Sables d'Olonne du kit de base
(numéro Martin 334) accompagné de diverses pièces du
train avant (crémaillère d'Austin Metro, fusées,
moyeux, disques de frein...) pour un total de 60 000,67 francs
exactement.
Arrivés vers 10h30, nous sommes accueillis "brusquement"
par Georges Martin en personne qui commence à entasser les
pièces. C'est qu'il est pressé l'homme, il doit livrer
une autre voiture l'après-midi. "Allez déjeuner, ce sera
prêt en début d'après-midi". Petit resto sur le
port. Vers 14 heures, toutes les pièces sont prêtes et
j'enfourne le tout, sans vraiment vérifier, dans la Scorpio et
la remorque prêtées pour l'occasion.
Sur le trajet de retour, je me fais arrêter
au péage par des gendarmes. Plus curieux qu'autre chose "C'est
une Caterham ?". Et oui, un drôle d'engin en pièces
détachées sur une remorque, cela attire l'attention.
Retour at home, déballage et recensement
des pièces à l'aide des manuels de montage et de
pièces (facturés 140 F)...Damned, ça ne colle pas :
je n'ai pas assez de rotules et trop de "choses". Je vais devoir
patienter jusqu'à la fin du week-end pour contacter Martin :
"notre kit a évolué, les rotules sont remplacées par
des silent-bloc. Nous n'avons pas eu le temps de modifier la notice
de montage"...Je ne suis pas au début de mes surprises. Dans
le même genre, mais je ne m'en rendrai compte que plus tard
lors de ma première sortie avec le club : mes ailes avant sont
de série I, les arrières sont des série II (plus
larges).
Eté 1991
N'ayant pas de garage
sur Paris, tous les week-end de l'été sont consacrés
à la préparation des pièces en polyester dans le
garage de mes parents dans l'Oise ...tout le monde est
réquisitionné pour poncer dans la joie, la poussière
et la bonne humeur. Un oncle, aux multiples talents, passera le
premier voile de peinture "T'es sûr qu'on peut pas la peindre
toute montée ? D'habitude, je ne fais pas comme ça !".
Réalisée sous bâche dans le garage ci-dessus, la
peinture "vert anglais" ne m'a coûté que 900 F. Cela
compensera les "quelques" défauts... que certains me feront
remarquer lors d'ultérieures sorties !
Août 91, j'achète le kit durite
de freinage "aviation" et le kit électrique pour un total de
4331,70 F. Là aussi, grosse surprise, le câblage ne
correspond pas à la notice et je vais passer presque qu'un
mois à démêler tous ces fils. J'ai appris par la
suite que d'autres ont eu des surprises plus grandes avec, par
exemple, deux faisceaux avant reliés entre eux... Surprise
aussi lors du montage : les cosses sont mal serrées et se
défont systématiquement. Solution : fer à souder et
étain sur toutes les connections.
Ce genre de petites surprises lors du montage
fait toute la différence entre une auto montée par un
passionné (moi) qui prend le temps de tout vérifier et
les autos montées par les ouvriers Martin pas toujours
très consciencieux.
Hiver 1991 Un licenciement
économique providentiel (car grosse prime de licenciement
après seulement 2 ans d'activité) va me permettre de
finaliser le montage de ma Seven. L'hiver est consacré au
montage des différentes pièces sur le châssis, la
mécanique, le faisceau dont j'ai refait le schéma en
intégralité. Le tableau de bord (contreplaqué
Acajou) est fait maison et remplace avantageusement (à mon
goût) celui d'origine : verni 12 fois, poncé 12 fois !
Par la même occasion, je monte une petite console centrale -
elle aussi en Acajou - entre le tableau de bord et le tunnel qui
accueillera montre, allume-cigare (pas pour les cigares mais pour
les accessoires) et divers voyants. Acajou toujours pour le pommeau
de levier de vitesse que je trouve chez Autoaxe à Paris.
Janvier 92, j'achète le kit tableau
de bord comprenant tous les compteurs Jaeger (compte-tour,
tachymètre, température d'eau, d'huile, pression
d'huile), les pivots avant et biellettes de direction ainsi que
l'ensemble de freinage arrière (platines de R25 montées
dans des flasques Capri) soit 10 168 F. Comme toujours, rien ne se
monte directement et nécessite systématiquement un
ajustage.
Le
moteur trouvera sa place au cours de l'hiver 92 (merci tonton,
merci papa). Je l'ai peut-être payé cher mais il
démarra du premier coup... juste pour voir (car sans radiateur
ni liquide de refroidissement...).
Trains avant, réservoirs, trains
arrières, pédales... tout mérite un montage à
blanc, ajustage et montage final !
Mars 92, le radiateur spécial Martin
va enfin me permettre de faire tourner le moteur en continu. Dans
le même colis se trouvent un filtre à air chromé et
quelques pièces "d'accastillage" pour un total de 3126,17
F.
Mine de rien, ce système de kit permettait
de constituer son auto au fur et à mesure en fonction de son
temps et son budget.
Courant Mars, je passe commande en Allemagne de
pneus 195x50x15 (rechapés) sur base Pirelli. A l'époque,
ces dimensions étaient encore assez rares donc chères
(1725 F les 5 pneus). Rechapés... oui... et je les ai encore 8
ans et 30 000 km après ! Pour les jantes, ce sera une autre
histoire. Désirant une auto d'inspiration anglaise, j'avais
repéré chez DeltaMic, un modèle Minatore en 15
pouces ressemblant aux Minilite pour un peu moins de 900 francs. Je
passe commande et attends un, deux, trois mois. A chaque fois,
même réponse, les jantes sont en attente de
fabrication...
Avril 92, grosse facture de 10 249,25 qui
comprend le kit de signalisation, les rétroviseurs
chromés, un volant et son moyeu, un roll-bar chromé, le
kit capote et les portes. Nous sommes en phase terminale... Les
premiers essais roulants auront lieu de nuit (pas de papier, pas de
plaque) sur des petites routes en plein champ à peine assez
larges pour subir les embardées de l'auto au train avant non
réglé. Premiers tours de roue, premiers frissons.
Mai 92, la sellerie "Fiesta Chamois" pour 6565,01 F va
permettre de manier raclette de peintre, colle néoprène,
mousse, moquette pour habiller l'intérieur 6565 F.
Juin 92 : Ouf, il était temps ! Pas
tout à fait terminée, je vais devoir patienter un peu
pour cause de nouveau boulot.
Aout 92, lassé d'attendre les jantes
Minatore, je craque pour des FVH Indiana. Belles mais pas le
même budget...1539 F pièce...cinq pour le prix de
quatre... et un montage gratuit soit 6156 F.
Septembre 92 : Les derniers réglages
(carburation, train avant) seront effectués par des
spécialistes avec l'aide de mon épouse...enceinte de 7
mois. Imaginez la scène, moi au boulot et Corinne avec son
ventre bien rebondi derrière le volant (vous avez
déjà essayé de vous glisser dans une Seven ?)
emmenant la Seven toussotant et zizaguant suivie de près par
ma mère affolée à l'idée d'un accouchement
prématuré...
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L'immatriculation
Octobre 92, ça y est, la voiture est
terminée. "Dernière" facture Martin de 1500 F pour
l'attribution d'un numéro de série (le 345ème).
Revêtue de ses plaques provisoires et ses 29 km au compteur,
je l'emmène au contrôle technique. Le technicien tout
étonné ne trouve bien évidemment rien ! Il
était prêt à apposer la vignette..."Non, pas sur une
voiture neuve !" lui répondis-je.
16 Novembre 92, le même plateau et
la même Scorpio qu'à l'aller emportent notre Seven pour
l'épreuve finale. Départ à 18 h de l'Oise. C'est
sans compter le Salon du Bourget qui nous fait perdre 1 heure et
demi dans la traversée de Paris et le brouillard qui nous
accompagnera durant toute la nuit.
Anecdote : avec mon épouse toujours
enceinte, nous avions prévu d'arriver chez ses grands parents
à Redon avant 23 h. Nous y sommes arrivés à 5 heures
du matin ! Deux heures de sommeil puis départ vers les Sables.
Nouvel épisode : afin d'éviter une marche arrière
avec le plateau, j'effectue un demi tour sur de l'herbe pleine de
rosée...les roues arrières patinent. Impossible de
redémarrer, seule alternative décrocher la remorque,
sortir la voiture puis tirer le plateau. Simple à dire mais
ardu avec une femme enceinte et deux sexagénaires !
Arrivé aux Sables, nous avons abandonné notre auto aux
mains de Georges. Un petit déjeuner sur le port...un parking
près de la plage...repos réparateur jusqu'à l'heure
du déjeuner à l'issue duquel nous récupérons
notre Seven et son dossier d'immatriculation.
Le retour s'effectuera dans de meilleures
conditions. Toujours les gendarmes au péage... toujours
curieux "le PTAC de la remorque dépasse le trucmuche de la
voiture de 75 kg. Il faut le permis E. Vous n'avez pas le permis E
? C'est quoi çà derrière ? C'est bon, allez-y !"
Enfin, je vais pouvoir rouler avec l'auto que
j'ai montée ! Pas mal pour un novice en mécanique ? A
l'exception de la peinture, des réglages de train avant et de
carburation, j'ai tout réalisé moi-même et n'ai
connu durant les 7 années suivantes (vous le découvrirez
dans la suite de mes aventures) aucun problème mécanique
majeur... jusqu'au jour où !
Suite de l'aventure au prochain
épisode...
Pascal SOCHA
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