Revue de presse

Top's Cars (environ 1991/92)

10 Questions à Georges Martin, créateur de la Super Martin

Top's Cars: Quand avez-vous décidé de vous lancer dans la construction de voitures et pourquoi ?
Martin : Vous savez, quand on dirige une société, fonction qui avant toute chose est la mienne, on se fixe des objectifs. Pour ma part, lorsque j'ai créé Martin Production, au départ sur l'activité moto, je savais et je voulais, un jour ou l'autre, attaquer la branche automobile. La SuperMartin qui est aujourd'hui commercialisée n'est en fait qu'une finalité sur laquelle je travaille maintenant depuis près de 2 ans. J'espère bien d'ailleurs ne pas m'arrêter là et vous présenter encore d'autres surprises !

Top's Cars : Vous avez abandonné le secteur moto ?
Martin : Pas du tout. La moto Martin se vend très bien. Si j'ai dû, c'est vrai, baisser ma production pour le seul marché français, j'ai dans le même temps considérablement augmenté mes ventes à l'exportation, particulièrement au Japon. Finalement, je vends tout autant (400 cadres en 86) et mieux.

Top's Cars : La technique de fabrication est-elle différente de celle que vous utilisez en moto ?

Martin : Ne l'oubliez pas, la base de tous les travaux effectués dans mes ateliers repose sur la Serrurerie, avec un grand S et cela n'est pas péjoratif. Le savoir-faire Martin, c'est le travail du métal, quel qu'il soit. Par conséquent, on peut dire que la fabrication de la SuperMartin est inspirée de mon expérience en 2 roues, en fonction naturellement du prix de vente fixé au départ qui conditionne ce que je peux construire. Pour ma voiture, j'ai opté pour un châssis multitubulaire soudé, rigidifié par des tôles d'aluminium rivetées et collées. L'autre élément important de cette auto, l'habillage, est réalisé en polyester dans mon second atelier spécialisé.

Top's Cars : Pouvez vous nous donner quelques explications quand au choix d'une motorisation Ford ?
Martin : c'était tout simplement la seule base mécanique qui me permette la propulsion. La SuperMartin est homologuée avec le 1600cm3 type LSD.

Top's Cars : Ah, vous venez de prononcer l'adjectif "homologuée". Vous avez dû rencontrer des problèmes avant de pouvoir démarrer la commercialisation !
Martin : Quand on est un professionnel sérieux et qui sait assumer toutes les facettes de son travail, il n'y a pas de problème puisque les difficultés sont l'essence même du travail. Sinon ça serait trop facile ! Tout le monde pourrait construire des voitures. Quand j'ai décidé de lancer ma production, je me suis pris par la main. J'ai feuilleté les manuels nécessaires, codes et autres revues techniques et me suis donné tous moyens pour réussir dans cette entreprise. Homologuer une voiture, cela ne se fait pas avec de l'à peu près !
C'est long, onéreux et complexe.

Top's Cars : Il vous est impossible de tout fabriquer. Comment résolvez-vous le problème des pièces détachées ?
Martin : L'approvisionnement des pièces détachées est assez facile. J'utilise à fond la dimension Européenne de mon produit. Ainsi par exemple, les roues sont anglaises, les pneus français alors que toute la sellerie et l'intérieur sont confiés à un artisan de la région.

Top's Cars : A combien d'heures estimez-vous le temps de fabrication nécessaire à la réalisation complète d'une SuperMartin ?
Martin : Il faut, je crois, séparer la partie fabrication (châssis, polyester) de la partie assemblage et montage. L'un et l'autre sont intimement liés mais peuvent influer, chacun de leur côté, sur le temps total. Plus les sous-éléments sont bien fabriqués, plus le montage est rapide. Néanmoins, j'estime à environ 150 heures, à partir des éléments préfinis, le temps nécessaire à la fabrication complète. Mais, comme vous le savez, investir dans une Martin, c'est aussi pouvoir s'acheter un kit à monter soi-même. Ce kit se compose de toutes les pièces purement Martin et tous les équipements spéciaux qu'un client peut me demander et que je lui procurerais de façon personnalisée (roues, tableau de bord, etc...)
Je précise pour finir mon agrément qui attestera de la bonne conformité de la voiture et du montage.

Top's Cars : Parlez nous un peu de votre mode de distribution.
Martin : Je suis en train en ce moment de monter un réseau national autour de 5 points de vente dans toute la France. Je sélectionne des revendeurs automobiles très motivés qui me permettront de remplir mon objectif (100 voitures par an). Par contre, tous les kits seront vendus au départ d'Oléron. Mon service commercial privilégie au maximum les relations avec la clientèle et j'assure un suivi individualisé pour chacun de mes clients. J'aimerai cependant souligner une chose qui, je crois, permet de mieux cibler l'acheteur d'une SuperMartin. A 80%, la SuperMartin joue le rôle de la troisième voiture, celle qu'on sort uniquement pour le plaisir.
Quand on fait cela, on devine ainsi que le futur acheteur d'une Martin sera exigeant, qu'il aimera le contact direct et qu'il devra en avoir pour son argent.

Top's Cars : Comment définissez vous votre voiture ?
Martin : Je dirais simplement qu'elle est française !

 

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