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Top's Cars: Quand avez-vous décidé de vous
lancer dans la construction de voitures et pourquoi ?
Martin : Vous savez, quand on dirige une société,
fonction qui avant toute chose est la mienne, on se fixe des
objectifs. Pour ma part, lorsque j'ai créé Martin
Production, au départ sur l'activité moto, je savais et
je voulais, un jour ou l'autre, attaquer la branche automobile. La
SuperMartin qui est aujourd'hui commercialisée n'est en fait
qu'une finalité sur laquelle je travaille maintenant depuis
près de 2 ans. J'espère bien d'ailleurs ne pas
m'arrêter là et vous présenter encore d'autres
surprises !
Top's Cars : Vous avez abandonné le secteur moto ?
Martin : Pas du tout. La moto Martin se vend très bien.
Si j'ai dû, c'est vrai, baisser ma production pour le seul
marché français, j'ai dans le même temps
considérablement augmenté mes ventes à
l'exportation, particulièrement au Japon. Finalement, je vends
tout autant (400 cadres en 86) et mieux.
Top's Cars : La technique de fabrication est-elle
différente de celle que vous utilisez en moto ?
Martin
: Ne l'oubliez pas, la base de tous les travaux effectués
dans mes ateliers repose sur la Serrurerie, avec un grand S et cela
n'est pas péjoratif. Le savoir-faire Martin, c'est le travail
du métal, quel qu'il soit. Par conséquent, on peut dire
que la fabrication de la SuperMartin est inspirée de mon
expérience en 2 roues, en fonction naturellement du prix de
vente fixé au départ qui conditionne ce que je peux
construire. Pour ma voiture, j'ai opté pour un châssis
multitubulaire soudé, rigidifié par des tôles
d'aluminium rivetées et collées. L'autre
élément important de cette auto, l'habillage, est
réalisé en polyester dans mon second atelier spécialisé.
Top's Cars : Pouvez vous nous donner quelques explications
quand au choix d'une motorisation Ford ?
Martin : c'était tout simplement la seule base
mécanique qui me permette la propulsion. La SuperMartin est
homologuée avec le 1600cm3 type LSD.
Top's Cars : Ah, vous venez de prononcer l'adjectif
"homologuée". Vous avez dû rencontrer des
problèmes avant de pouvoir démarrer la
commercialisation !
Martin : Quand on est un professionnel sérieux et qui
sait assumer toutes les facettes de son travail, il n'y a pas de
problème puisque les difficultés sont l'essence
même du travail. Sinon ça serait trop facile ! Tout le
monde pourrait construire des voitures. Quand j'ai
décidé de lancer ma production, je me suis pris par la
main. J'ai feuilleté les manuels nécessaires, codes et
autres revues techniques et me suis donné tous moyens pour
réussir dans cette entreprise. Homologuer une voiture, cela ne
se fait pas avec de l'à peu près !
C'est long, onéreux et complexe.
Top's Cars : Il vous est impossible de tout fabriquer. Comment
résolvez-vous le problème des pièces
détachées ?
Martin : L'approvisionnement des pièces
détachées est assez facile. J'utilise à fond la
dimension Européenne de mon produit. Ainsi par exemple, les
roues sont anglaises, les pneus français alors que toute la
sellerie et l'intérieur sont confiés à un
artisan de la région.
Top's Cars : A combien d'heures estimez-vous le temps de
fabrication nécessaire à la réalisation
complète d'une SuperMartin ?
Martin : Il faut, je crois, séparer la partie
fabrication (châssis, polyester) de la partie assemblage et
montage. L'un et l'autre sont intimement liés mais peuvent
influer, chacun de leur côté, sur le temps total. Plus
les sous-éléments sont bien fabriqués, plus le
montage est rapide. Néanmoins, j'estime à environ 150
heures, à partir des éléments préfinis,
le temps nécessaire à la fabrication complète.
Mais, comme vous le savez, investir dans une Martin, c'est aussi
pouvoir s'acheter un kit à monter soi-même. Ce kit se
compose de toutes les pièces purement Martin et tous les
équipements spéciaux qu'un client peut me demander et
que je lui procurerais de façon personnalisée (roues,
tableau de bord, etc...)
Je précise pour finir mon agrément qui attestera de la
bonne conformité de la voiture et du montage.
Top's Cars : Parlez nous un peu de votre mode de distribution.
Martin : Je suis en train en ce moment de monter un
réseau national autour de 5 points de vente dans toute la
France. Je sélectionne des revendeurs automobiles très
motivés qui me permettront de remplir mon objectif (100
voitures par an). Par contre, tous les kits seront vendus au
départ d'Oléron. Mon service commercial
privilégie au maximum les relations avec la clientèle
et j'assure un suivi individualisé pour chacun de mes clients.
J'aimerai cependant souligner une chose qui, je crois, permet de
mieux cibler l'acheteur d'une SuperMartin. A 80%, la SuperMartin joue
le rôle de la troisième voiture, celle qu'on sort
uniquement pour le plaisir.
Quand on fait cela, on devine ainsi que le futur acheteur d'une
Martin sera exigeant, qu'il aimera le contact direct et qu'il devra
en avoir pour son argent.
Top's Cars : Comment définissez vous votre voiture ?
Martin : Je dirais simplement qu'elle est française !
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